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Samedi 05 Janvier 2008

 

                       Aichouche se remit peu à peu et reprit ses forces. Il faudrait à présent s’occuper de deux enfants en bas âge et ce ne serait pas facile. Elle savait que sa mère ne serait plus aussi disponible qu’autrefois, surtout avec une belle-fille qui subissait une grossesse très difficile. Aini ramena Ouardia à sa mère qui l’accueillit avec amour. Elle lui montra aussitôt sa petite sœur au berceau. Ouardia écarquilla les yeux, étonnée de cette chose rose au fond du lit mais ne fit aucun geste ni ne dit aucun mot. Elle se détourna du berceau et demanda à manger ce qui fit rire les deux femmes. Elle mangea silencieusement mais le bébé se mit à geindre et cela attira son attention. Elle bondit et vint se planter près du petit lit ou la chose rose gesticulait. Et avec son langage de petite fille, elle donna une série de noms à cette chose. Savait-elle que le bébé lui prendrait peu à peu son univers ? Sans doute car de sa petite menotte elle donna une tape sur la tête de l’enfant. Aichouche avait prévu une réaction de sa fille mais elle n’imaginait pas qu’elle pût être violente. Aini lui conseilla de se méfier et de ne jamais laisser les deux enfants seules. On avait vu tant d’accidents causés par des enfants ! Aichouche la rassura et sa mère repartit.

             Fatma qui s’était occupée du bébé les premiers temps avait espacé ses visites. Ouardia hurlait dès que sa tante entrait dans leur chambre. Aichouche se demandait toujours ce qui provoquait la détresse de sa fille. Elle la rassurait sur le compte de sa belle-sœur mais elle avait beau lui vanter sa gentillesse, rien n’y faisait, Ouardia hurlait à chaque fois que Fatma ouvrait la porte ce qui faisait fuir la jeune femme.

            Hassen était heureux du rétablissement de sa femme. Comme elle ne préparait plus les repas durant sa convalescence, il rapportait la nourriture de l’hôtel avec la bénédiction de Kohler. Aichouche et les enfants ne manquaient de rien. Aichouche mangeait bien et pouvait ainsi donner le sein à Baya qui tétait goulûment sa mère sous le regard jaloux de Ouardia.Hassen prenait volontiers la petite dans ses bras et la berçait tendrement pendant que Aichouche prodiguait des caresses à Ouardia qui malgré tout lançait des regards en biais vers son père et sa sœur.

           Bientôt, on fut au printemps, un printemps particulièrement agréable. Aichouche la vait à grande eau la cour de la maison et sous la charmille qui se reformait en reverdissant peu à peu, elle passait l’après-midi avec ses enfants sous le feuillage naissant. Ouardia jouait et babillait tandis que sa sœur dormait sur les genoux de sa mère. Ce spectacle ne faisait qu’aggraver les sentiments de jalousie de Fatma qui malgré ses espoirs, n’attendait toujours pas d’enfant.

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Vendredi 04 Janvier 2008

 

 

                          Celui-ci n’admit pas que son frère pût lui    reprocher quoi que ce fût et bouda plusieurs            jours. C’était devenu deux étrangers sous le            même toit. L’ambiance de la maison était lourde      et tendue.C’en était insupportable. Aichouche ne    laissait plus Ouardia jouer comme elle le voulait et e l’enfermait la plupart du temps dans la chambre      où elle ne risquait pas de recevoir les taloches        que Fatma lui envoyait sur le derrière                      traîtreusement .

                         Ce climat dura jusqu’à l’arrivée de Amar      qui, fin décembre vint en permission pour voir sa      famille. Il arriva un matin, quelques jours avant la    nouvelle année et la surprise fut totale. Aichouche    le trouva beau dans son uniforme de tirailleur et      son passage dans le quartier fut remarqué.              Chaque fois qu’il sortait une ribambelle de              mioches piaillant et hurlant l’escortait. Il avait une    permission de deux mois et Aini, aux anges,            décida de le marier. Le jeune homme qui n’était      pas prêt à cela fit la grimace mais il ne voulut pas    contrarier sa mère. Cependant il demanda quelle    serait l’heureuse élue. Aini lui parla alors de sa        cousine Aldjia, fille de sa tante de Tighzart, un        petit village haut perché en Kabylie et Amar            accepta. Il connaissait les desseins de sa mère .      Au fond elle avait peur qu’il ne se fasse tuer et elle    voulait secrètement avoir des petits-enfants. Elle      l’avoua plus tard à Aichouche en demandant            pardon de ses mauvaises pensées. Le mariage se    fit donc en janvier 1941. Aini était contente, elle ne    serait plus seule chez elle. Le mois suivant Amar      repartit en laissant Aldjia enceinte. Elle accoucha    en octbre d’une fille, Ourida que son père ne vit      qu’à la fin de la guerre.

                             En février 1941, Aichouche accoucha de    sa fille Baya.   Ouardia fut envoyée chez sa grand-mère qui aidée de sa belle-fille prit soin d’elle.

                             Entre temps, les relations entre Hassen et Mohamed s’étaient améliorées et Fatma s’occupa même de sa belle-sœur après ses couches. Elle dirigea la maison comme Aichouche le faisait. Les deux femmes cependant se méfiaient l’une de l‘autre, ce qui gènait les deux frères.
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Mercredi 02 Janvier 2008

 

 

                      Hassen et Mohamed rentrèrent à la    maison chacun leur tour. Hassen rentra plus tôt      que son frère. Aichouche servit le repas à son          mari et à sa fille puis se remplit pour elle-même        une assiette de soupe. Sa grossesse la faisait           souffrir et les vieilles lui prédisaient une fille car,      disaient-elles, c’était les filles qui faisaient souffrir    leur mère. A cette idée Aichouche frémissait, elle      ne voulait pas de fille, elle désirait ardemment un    garçon. Hassen, lui, était indifférent à ce que le        bébé pouvait être. Tout ce qui comptait pour lui c’était que sa compagne accouche dans les                meilleures conditions possibles.

                    Puis le couple quitta la table pour faire place à Fatma et à Mohamed qui venait d’arriver. Celui-ci    marmonna quelques mots qui devaient être une      salutation puis, plongeant sa cuillère dans la            soupe, il ne s’occupa plus que de manger.                Hassen et Aichouche regagnèrent leur chambre      en jouant avec Ouardia qui riait dans les bras de      son père.

                      Octobre s’acheva sur quelques esclandres des deux femmes. Vint novembre avec son cortège de vent, de pluie. Le froid commença tôt cette année-là et la misère s’installa aussi dans beaucoup de foyers du quartier surtout chez ceux dont les hommes avaient été incorporés. Des familles se trouvaient ainsi sans ressources et des femmes qui n’étaient jamais sorties de chez elles furent contraintes d’aller gagner leur pitance en faisant des ménages chez les riches européens de la ville moderne. Hassen qui se disait mal payé chez Kohler fut obligé lui aussi de prendre un second emploi. Celui-ci consistait à vendre des sardines cuites et préparées à la maison. Hassen achetait plusieurs kilos de sardines que Aichouche faisait cuire. Puis elle les plaçait dans une espèce de panier d’osier en prenant soin de les coller les unes aux autres pour qu’elles restent chaudes. Ensuite, elle les couvrait d’un torchon propre. Quand Hassen avait fini son travail chez Kohler, il rentrait, prenait le panier et allait vendre ses sardines dans les beaux quartiers et dans ceux très fréquentés de la ville. Si les sardines se vendaient bien, Hassen améliorait l’ordinaire de viande et de légumes sinon elles étaient mangées à la maison. Hassen s’était fait une bonne réputation avec son poisson et son commerce se portait bien. Il faisait même vivre son frère et sa belle-sœur. Cette dernière se mit bientôt à partager la manne avec sa sœur et sa mère ce que Hassen ne voyait pas d’un bon œil. Il ne tarda pas à le faire remarquer à Mohamed qui feignait de ne rien voir.
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Mercredi 02 Janvier 2008

           A tous mes fidèles lecteurs

 

Qu’ils trouvent sur cette page l’expres-

 

sion de mes meilleurs vœux pour cette

 

année 2008. Que cette année soit pour

 

eux une source de bonheur, de joie, de

 

santé et de prospérité. Qu’elle leur ap-

 

porte ce qu’ils souhaitent de meilleur

 

pour eux et pour leurs proches.

 

     BONNE ET HEUREUSE ANNEE  

 

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Samedi 22 Décembre 2007
                                             OUARDIA (SUITE)


 

 

    En effet, il ne fallut pas longtemps à Fatma pour marquer son territoire. Elle passait surtout sa hargne sur Ouardia qui, innocemment, s’en allait jouer devant la porte de sa chambre. Sous prétexte que la petite la dérangeait avec son babillage, Fatma la pinçait, lui donnait une tape sur les fesses ou encore la mordait. Cela devenait insupportable pour Aichouche qui, ne voulant pas aggraver la situation, ne disait rien à Hassen. D’ailleurs les deux hommes ne pouvaient deviner le conflit car les deux femmes prenaient bien garde de ne pas montrer leur animosité mutuelle à leurs maris. C’était entre elles des amabilités à n’en plus finir, des sourires en veux-tu en-voilà et des politesses dont les deux hommes se félicitaient. Pour eux tout allait bien.

                     A quelques temps de là, Hassen         voulut quitter l’hôtel Kohler car son patron ne             l’avait pas augmenté et criait à qui voulait bien           l’entendre que personne ne bénéficierait d’une        quelconque augmentation. Il en parla à Aichouche      qui le dissuada de démissionner dans les temps      de  misère qu’ils vivaient. Même si la paie n’était      pas conséquente, jamais Kohler n’avait interdit à      son personnel de prendre les restes des repas        pour leur famille. Et parfois c’était du luxe. Hassen    renonça à son projet et reprit le chemin du              restaurant. Mais l’idée de tout quitter lui trottait        dans la tête.

        On fêta les deux ans de Ouardia assez            tristement. Quelques voisines vinrent prendre le      café et tapèrent quelques morceaux de chansons    connues sur la derbouka de la maison. Une seule     se leva et dansa. Malgré les efforts que déploya          Aichouche pour faire danser ses amies, rien n’y    fit. Le cœur n’y était pas. On se sépara en fin de      journée sur une note  gaie. Ouardia qui s’était          endormie, bercée par les conversations, sur les        genoux de Fatma avait fait pipi sur sa tante qui       s’était levée précipitamment, outrée. Sa colère fit      plaisir à voir et les rires fusèrent. On se faisait des     clins d’œil approbateurs pendant que la jeune        femme vitupérait. On embrassa la petite sans          doute pour la remercier de s’être oubliée sur les      genoux de cette femme acariâtre qui n’en finissait    pas de vociférer des menaces. Enfin, la maison fut    vide et les deux femmes regagnèrent si l’on peut      dire leurs « quartiers ».

 

 

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