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Mardi 18 Septembre 2007

 

 

 

                         Quelques jours plus tard, Hamid ramena sa famille à Lakhdaria pour la rentrée. Djoher n’était pas très rassurée de laisser son père dans cet état mais celui-ci lui promit qu’il se porterait mieux dans quelques jours. Ce n’était qu’un coup de froid qui allait lui passer comme d’habitude. Djoher suivit alors son mari.

 

                         La rentrée se fit sans problème et la routine reprit son cours. Djoher téléphonait de temps en temps pour avoir des nouvelles. Invariablement, on lui répondait que ça pouvait aller. Son père était alité car il lui fallait du repos. Il était très fatigué et pour mieux se porter, il devait garder le lit. Aicha lui avait raconté que deux jours après leur départ pour Lakhdaria, on avait acheté une dinde pour fêter en retard la nouvelle année. C’était Aicha qui l’avait commandée et le volailler qui avait arrété d’apporter les dindes après les fêtes avait fait une exception et en avait procuré une à Aicha qui l’avait assaisonnée et cuite au four. Hassen qui faisait quelques pas s’étonnait de voir cuire la grosse volaille dans son four. Il avait fait remarquer à sa fille que c’était la première fois  qu’on y faisait rôtir une dinde. Il passait et repassait devant la cuisinière et se baissait à chaque fois pour regarder dans le four comme si c’était un ravissement. Puis il se remettait au lit. Aicha avait remarqué qu’il perdait peu à peu l’appétit et en avait fait part à sa sœur. Il avalait difficilement ce qu'on lui cuisinait. Il n'avalait facilement que lait caillé qu'il adorait depuis son enfance et la galette que Salima lui préparait chaque jour. Il ne montait plus dans sa chambre à l'étage. On avait installé un lit d’appoint dans le salon ce qui facilitait les choses à Hassen. Quand il allait mieux, il reprenait sa place dans le fauteuil devant le poêle à mazout sinon il se couchait, il n’avait qu’un pas à faire pour cela. 

                          Lorsque la dinde fut prête, il y eut du monde pour la manger. Hassen présidait la table autour de laquelle il y avait Salima, Aicha et son fils, les deux enfants de Achour, la fille aînée de Ouardia et celle de Baya. Ce fut gai et on mangea le volatile de bon appétit sauf Hassen qui y goûta à peine.

                           Mais le bonheur fut de courte durée car Hassen perdit brusquement l’usage de la parole. On l’emmena aux urgences. Le médecin voulut l’hospitaliser mais il refusa. On lui fit des examens. Ceux-ci révélèrent un cancer qui se généralisait et déjà les voies aériennes étaient atteintes. On prévint tout de go Hassen qui n’eut pas l’air étonné. Il avait déjà eu une alerte au moment où sa fille et lui avaient été hospitalisés ensemble quelques années auparavant. On lui avait alors interdit de fumer mais il ne pouvait s'en empêcher Cette fois c’était la « bonne » se contenta-t-il de dire, fataliste comme il l’était. Mais on le sentait quand même effrayé par ce qui lui arrivait. De plus, les mèdecins étaient catégoriques : pas de possibilités ni de rémission ni de guérison. Les grands espoirs de Hassen étaient de revoir ses enfants, de ne pas souffrir et de mourir dans son lit. Avant de partir définitivement pour un monde meilleur, Hassen passa de pénibles moments.

 

                         

 

 

 

                     

 

publié par reac dans: reac
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Commentaires

Saha f'tourkoum. Lu et relu. J'ai peur pour le vieux.


Commentaire n° 1 posté par: Le fidèle lecteur. le 18/09/2007 - 22:54:29
vous savez, ce qui va arriver était inéluctable et on doit tous y passer mais, Allah istarna, pas comme ça. Saha ftourkoum entouma zada! Amicalement! REAC
Commentaire n° 2 posté par: réac le 19/09/2007 - 10:12:40
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