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Samedi 22 Décembre 2007
                                             OUARDIA (SUITE)


 

 

    En effet, il ne fallut pas longtemps à Fatma pour marquer son territoire. Elle passait surtout sa hargne sur Ouardia qui, innocemment, s’en allait jouer devant la porte de sa chambre. Sous prétexte que la petite la dérangeait avec son babillage, Fatma la pinçait, lui donnait une tape sur les fesses ou encore la mordait. Cela devenait insupportable pour Aichouche qui, ne voulant pas aggraver la situation, ne disait rien à Hassen. D’ailleurs les deux hommes ne pouvaient deviner le conflit car les deux femmes prenaient bien garde de ne pas montrer leur animosité mutuelle à leurs maris. C’était entre elles des amabilités à n’en plus finir, des sourires en veux-tu en-voilà et des politesses dont les deux hommes se félicitaient. Pour eux tout allait bien.

                     A quelques temps de là, Hassen         voulut quitter l’hôtel Kohler car son patron ne             l’avait pas augmenté et criait à qui voulait bien           l’entendre que personne ne bénéficierait d’une        quelconque augmentation. Il en parla à Aichouche      qui le dissuada de démissionner dans les temps      de  misère qu’ils vivaient. Même si la paie n’était      pas conséquente, jamais Kohler n’avait interdit à      son personnel de prendre les restes des repas        pour leur famille. Et parfois c’était du luxe. Hassen    renonça à son projet et reprit le chemin du              restaurant. Mais l’idée de tout quitter lui trottait        dans la tête.

        On fêta les deux ans de Ouardia assez            tristement. Quelques voisines vinrent prendre le      café et tapèrent quelques morceaux de chansons    connues sur la derbouka de la maison. Une seule     se leva et dansa. Malgré les efforts que déploya          Aichouche pour faire danser ses amies, rien n’y    fit. Le cœur n’y était pas. On se sépara en fin de      journée sur une note  gaie. Ouardia qui s’était          endormie, bercée par les conversations, sur les        genoux de Fatma avait fait pipi sur sa tante qui       s’était levée précipitamment, outrée. Sa colère fit      plaisir à voir et les rires fusèrent. On se faisait des     clins d’œil approbateurs pendant que la jeune        femme vitupérait. On embrassa la petite sans          doute pour la remercier de s’être oubliée sur les      genoux de cette femme acariâtre qui n’en finissait    pas de vociférer des menaces. Enfin, la maison fut    vide et les deux femmes regagnèrent si l’on peut      dire leurs « quartiers ».

 

 

publié par reac dans: reac

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