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Mercredi 02 Janvier 2008

 

 

                      Hassen et Mohamed rentrèrent à la    maison chacun leur tour. Hassen rentra plus tôt      que son frère. Aichouche servit le repas à son          mari et à sa fille puis se remplit pour elle-même        une assiette de soupe. Sa grossesse la faisait           souffrir et les vieilles lui prédisaient une fille car,      disaient-elles, c’était les filles qui faisaient souffrir    leur mère. A cette idée Aichouche frémissait, elle      ne voulait pas de fille, elle désirait ardemment un    garçon. Hassen, lui, était indifférent à ce que le        bébé pouvait être. Tout ce qui comptait pour lui c’était que sa compagne accouche dans les                meilleures conditions possibles.

                    Puis le couple quitta la table pour faire place à Fatma et à Mohamed qui venait d’arriver. Celui-ci    marmonna quelques mots qui devaient être une      salutation puis, plongeant sa cuillère dans la            soupe, il ne s’occupa plus que de manger.                Hassen et Aichouche regagnèrent leur chambre      en jouant avec Ouardia qui riait dans les bras de      son père.

                      Octobre s’acheva sur quelques esclandres des deux femmes. Vint novembre avec son cortège de vent, de pluie. Le froid commença tôt cette année-là et la misère s’installa aussi dans beaucoup de foyers du quartier surtout chez ceux dont les hommes avaient été incorporés. Des familles se trouvaient ainsi sans ressources et des femmes qui n’étaient jamais sorties de chez elles furent contraintes d’aller gagner leur pitance en faisant des ménages chez les riches européens de la ville moderne. Hassen qui se disait mal payé chez Kohler fut obligé lui aussi de prendre un second emploi. Celui-ci consistait à vendre des sardines cuites et préparées à la maison. Hassen achetait plusieurs kilos de sardines que Aichouche faisait cuire. Puis elle les plaçait dans une espèce de panier d’osier en prenant soin de les coller les unes aux autres pour qu’elles restent chaudes. Ensuite, elle les couvrait d’un torchon propre. Quand Hassen avait fini son travail chez Kohler, il rentrait, prenait le panier et allait vendre ses sardines dans les beaux quartiers et dans ceux très fréquentés de la ville. Si les sardines se vendaient bien, Hassen améliorait l’ordinaire de viande et de légumes sinon elles étaient mangées à la maison. Hassen s’était fait une bonne réputation avec son poisson et son commerce se portait bien. Il faisait même vivre son frère et sa belle-sœur. Cette dernière se mit bientôt à partager la manne avec sa sœur et sa mère ce que Hassen ne voyait pas d’un bon œil. Il ne tarda pas à le faire remarquer à Mohamed qui feignait de ne rien voir.

publié par reac dans: reac
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