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Dimanche 20 Avril 2008

         Hassen vint en vacances avec l'idée bien arrêtée de repartir avec sa famille                                                                                                                               A Roubaix, Amar, Angèle et les enfants avaient déménagé pour aller vivre à Wattrelos. Lounes avait décidé d’habiter chez Denise, sa maitresse de vingt ans son aînée. Hassen vivait désormais seul avec son beau-frère Ali. Il annonça tout de suite à Aichouche que la vie ne serait pas facile. Il faudrait tout réorganiser leur existence, s’adapter aux conditions de vie de la France, prendre enfin en main un nouveau destin. Aichouche ne voulant plus être séparée de son mari accepta tout. La seule chose qui la rendait malheureuse c’était de laisser derrière elle sa mère. Qu’adviendrait-il de Aini lorsqu’elle serait partie ? Oui, certes elle avait sa belle-fille mais ce n’était pas pareil qu’une fille. De plus sa mère était malade. Aldjia aurait-elle la patience de s’en occuper ? Elle savait que Aini était trop fière pour demander de l’aide à quelqu’un d’autre qu’à elle, Aichouche ! Et puis, elle-même, supporterait-elle la séparation d’avec sa mère ? Toutes ces questions auxquelles elle ne trouvait pas de réponses se bousculaient dans sa tête. Aichouche ne voulait pas ennuyer son mari avec ces questions. De toute manière, elle savait que la séparation serait dure. Ce qu’elle craignait le plus c’était la réaction de Ouardia. La fillette avait grandi avec sa grand-mère et la chérissait plus que tout, même plus que sa propre mère. Elle était très complice avec l’aieule qui lui apprenait beaucoup de choses. Aini avait été la première source de savoir de la petite fille et Ouardia lui était très attachée. Aichouche entreprit de préparer la fillette au départ et à la séparation. Les autres enfants n’avaient pas conscience de ce drame et accueillaient ce départ comme un voyage semblable à celui qu’ils faisaient pour aller chez leur tante, sans plus.

 

                        Aichouche fit part de ses préoccupations à Hassen qui annonça d’emblée qu’il était impossible que Aini les accompagnât. Aichouche n’insista pas mais lui en voulut tout de même. A l’insu de son mari, elle promit à Aini de la ramener en France dès qu’elle le pourrait.

 

                        La dernière semaine de juillet, Hassen expédia ses affaires courantes, se rendit au bled pour embrasser sa sœur et sa famille en recommandant aux garçons de prendre soin de leur mère, puis il retrouva son frère à qui il confia la bonne marche de la maison. Le 30 juillet la petite famille quitta son domicile Kabyle non sans la crise que Aichouche avait prévue et que fit Ouardia qui s’accrochait à sa grand-mère. Celle-ci n’en menait pas large et pleurait aussi fort que la petite. Fatma , elle, resta discrète et essuya furtivement une larme qui avait du mal à couler. Les deux frères s’embrassèrent puis tout le monde prit place dans le taxi qui attendait devant la porte. On prit la route vers le port d’Alger. Dans la voiture, le silence régnait entrecoupé par les hoquets de Ouardia qui ravalait ses larmes et regardait éperdue, sa mère. Les enfants s’endormirent bientôt comme à chaque fois qu’ils étaient en voiture.

 

                       Le soir du 31 juillet, les Ait-Ferrach étaient dans le bateau qui les emmenait vers Marseille. Après une traversée épouvantable de la Méditérranée, Hassen se heurta au retard du train. On n’arriva que le 3 août à Roubaix. Les Ait-Ferrach commençaient leur vie d’émigrés. Epuisés, ils arrivèrent enfin rue d’Alger où ils retrouvèrent les frères de Aichouche venus les attendre. Les enfants furent heureux de voir leurs oncles, surtout Achour et Baya. Ouardia était restée silencieuse tout au long du voyage et montra peu d’enthousiasme à embrasser les trois hommes. Elle se remit à pleurer lorsque Lounès lui demanda des nouvelles de sa grand-mère.

 

                          Le premier contact avec la nouvelle maison fut terrible. Il fallut traverser une cour jonchée de détritus nauséabonds qu’on dut piétiner en faisant attention de ne pas glisser. Pour monter aux étages, il fallut emprunter un escalier suitant de liquides innommables, malodorants à donner la nausée. L ’escalier n’avait jamais été nettoyé et on ne voyait plus le revêtement en linoléum peut-être, couvert de crasse. Les petits posaient précautionneusement les pieds sur chaque marche en se tenant les uns aux autres. Il n’était pas question de se tenir à la rampe couverte de sécrétions de toutes sortes.. Enfin, péniblement on arriva au palier où se trouvait l’appartement qu’ils habiteraient désormais. Lorsque la porte s’ouvrit, Aichouche resta pétrifiée devant la lourde tâche qui l’attendait et qui consistait à rendre le taudis habitable.

 

                          

 

                       

 

 

 

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