Présentation

reac

Pseudo: reacCatégorie: ActualitéRecommander ce blog
Jeudi 01 Mai 2008

 

 

 

 

 

 

                            L’année suivante,en représailles, Aichouche récupéra son frère Ali dont Lounés ne voulait plus. Bien que cela lui en coûtât de le recevoir elle savait que la présence de son frère exaspérait encore plus Hassen et c’est pourquoi elle le supporta. En aoùt 1951, elle exigea de Hassen qu’il aille chercher sa mère en Algérie. Hassen s’exécuta sans protester et bientôt Aini vint grossir le cercle familial. Le petit appartement était plein. Hassen étouffait. Il ne pouvait plus avoir de conversation privée avec sa femme qui d’ailleurs faisait mine de l’ignorer. En réalité, Aichouche souffrait de cette situation mais elle se disait que pour punir son mari de son incartade, il lui fallait souffrir elle-même. Elle n’avait aucun autre moyen de se venger. Ali, qui ne comprenait rien à ce revirement de situation en profitait pleinement. Au début il participait aux frais de la maison puis, peu à peu, il ne donna plus un sou à sa sœur. Il se contenta d’apporter de temps en temps un petit filet de victuailles qui se renouvelait une fois par mois. Hassen rageait dans son coin, impuissant.

 

 

 

                          En décembre 1951, Hassen se rendit à l’Office du logement de la mairie de Roubaix pour y demander une habitation plus grande. Un camarade de travail l’avait orienté vers ce service car lui-même y avait obtenu satisfaction. Hassen devait attendre car la liste était longue. Puis, un jour, on l’appela au niveau de son usine car le patron avait des logements à mettre à la disposition de ses ouvriers dès l’année suivante. Hassen s’inscrivit et attendit. Il en parla à Aichouche qui accueillit la nouvelle avec peu d’entrain. Hassen haussa les épaules et s’enferma dans sa chambre. Il cogita longtemps et se demandait s’il pourrait encore supporter cette situation. Il mit la maucaise humeur de Aichouche sur le fait qu’elle allait bientôt accoucher. En effet, en mars 1952,  naquit un garçon qu’on prénomma Chabane comme son grand-père.Aichouche était heureuse et retrouva pour quelques temps sa jovialité naturelle. Hassen respira enfin. Cette accalmie ne dura pas et bientôt les choses empirèrent. Hassen se mit à boire et l’atmosphère était devenue invivable. Les scènes de ménage étaient quotidiennes et les enfants regardaient, sans comprendre, leurs parents se déchirer. Ouardia était alors mise à contribution et c’était elle qui prenait soin des bébés lorsque ses parents se battaient. La fillette cachait les petits dans la chambre et près de leur grand-mère aussi effrayée qu’eux, ils pleuraient puis s’endormaient habituellement. 

 

 

 

                                En mai 1952, les Ait Ferrach déménageaient et allaient habiter la petite ville de Wattrelos, à quatre kilomètres de leur ancienne maison. Ils laissèrent le taudis à Ali mais emmenèrent Aini. Ouardia qui avait conscience qu’Ali y était pour beaucoup dans la situation qu’ils vivaient fut soulagée de voir qu’il ne les accompagnait pas. Aichouche elle-même l’oublia tout le temps qu’elle mit à agencer sa nouvelle maison.Celle-ci était grande et spacieuse. Il y avait au rez-de-chaussée une salle à manger, un petit salon une vaste cuisine et des sanitaires aérés.  A l’étage, il y avait quatre chambres et plus haut certainement un grenier qui ne fut ouvert qu’une fois. Mais ce qui contenta surtout Aichouche et Hassen, ce fut le grand jardin qu’il y avait derrière la maison.Il était immense et au bout coulait une petite rivière peu large et peu profonde : l'Espierre. Les maisons de la cité étaient toutes semblables et avaient toutes un jardin derrière.Amédée Prouvost avait fait construire ces logements pour ses employés. D'ailleurs on avait donné son nom à la cité. Hassen et sa famille habitaient désormais rue Voltaire. Les maisons étaient séparées par des troènes qui poussaient de façon sauvage mais les services de la mairie passèrent bientôt pour les tailler. Devant la maison il y avait un petit jardinet qui donnait sur la rue et que Hassen planta de pivoines et de dahlias , ce qui donnait une entrèe colorée et odorante. Il y avait deux portes d'entrée dans la maison : une devant et l'autre sur le côté où il y avait de la place pour une autre courette. Les enfants eux étaient heureux et couraient dans tous les sens comme des jeunes chiens qu'on aurait soudain libérés. En regardant le jardin, Hassen faisait mentalement les plans de ses futures cultures. Pour oublier l'ambiance lourde de la maison, il consacra désormais son temps libre à jardiner.  

 

 

 

                          

 

 

 

                       

 

 

 

 

 

 

 

publié par reac dans: reac
Recommander

Commentaires

Pas de commentaire pour cet article

Ajouter un commentaire

Liens

Recherche

Commentaires

Newsletter

Inscription à la newsletter

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus