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Samedi 17 Mai 2008

 

 

 

                     A la sortie de la gare, Hassen héla un taxi où toute la famille s’engouffra. Direction : le port. Là, ils embarquèrent sur le vieux bateau que Hassen connaissait très bien pour avoir fait plusieurs fois le trajet Alger-Marseille et retour à son bord. Hassen se demandait comment le vieux raffiot pouvait encore faire le voyage.Il y avait sur le quai un monde fou qui courait dans tous les sens. Les passagers se massaient comme ils pouvaient devant le bateau qui n’avait pas encore descendu sa passerelle. Les enfants excédés par l’attente sous un soleil accablant braillaient tant qu’ils pouvaient. Le quai grouillait de marins en uniforme et leur béret à pompons était très sollicité. Ils se pliaient aimablement aux désirs des personnes voulant s’accorder l’aide d’un porte-bonheur avant de prendre la mer. Les jeunes marins trouvaient cela drôle et baissaient la tête pour permettre aux superstitieux de toucher le petit pompon rouge. Hassen regardait le spectacle amusé par la naiveté des gens.. Enfin la passerelle fut baissée et les passagers commencèrent à monter sur le bateau. Hassen avait remarqué que sa ligne de flottaison était ceinturée par une large bande de rouille. Il fit machinalement un souhait en son for intérieur. Après plus de trois heures d’attente puis de bousculade, la petite famille fut enfin installée dans une cabine. On dut encore patienter plusieurs heures avant de partir. Enfin le sol se mit à trembler. Le bateau s’éloignait doucement du quai.  

 

 

le paquebot Ville d
                                                                                                                                       Pendant ce temps là, à Wattrelos, Ouardia, Baya et Achour se réveillaient.Angèle, pas encore saoule à cette heure-là, leur avait préparé un petit déjeuner. Elle avait disposé de grands bols blancs, tout simples sur la table et un pot de café au lait fumait sur le bord de la cuisinière. Il y avait aussi du pain, du beurre et, tradition ch’ti obligée, du maroilles dont l’odeur de « vieille chaussette sale », selon l’expression de Ouardia, remplissait la cuisine. Angèle adorait ce fromage et elle faisait d’excellentes flamiches dont ses enfants raffolaient. Mais Ouardia et ses frère et sœur ne connaissaient pas la saveur de ce fromage et ils ne l’apprécièrent pas à cause de l’odeur très forte qu’il dégageait et qui faisait tout son charme pour Angèle. Celle-ci fut déçue par l’attitude des enfants. Elle insista pour qu’ils en mangeassent mais rien n’y fit et Baya eut même le hoquet. Angèle se tut et continua à siroter son café en silence. Elle le prenait comme les gens du Nord. Elle mettait un petit bout de sucre sur la langue puis prenait une gorgée de café qui le faisait fondre, enfin elle avalait avec délectation le liquide odorant et brûlant. Généralement, les enfants prenaient leur repas avec les enfants d’Angèle mais sans Amar qui dormait  tard car il travaillait la nuit.Parfois, ils recevaient la visite de Lounès et de Denise ou bien celle d’Ali qui venaient voir leur mère. Aini en effet était chez Amar. Aichouche l’avait laissée derrière elle mais avait recommandé à ses filles de prendre soin d’elle. Ainsi Ouardia l’emmenait chaque après-midi  au jardin lorsqu’elle arrosait les légumes. Puis elle se rendait dans la maison paternelle où la vieille femme faisait la sieste. Pendant ce temps là, Ouardia aidée de Baya faisait un peu de ménage, ouvrait les fenêtres pour aérer les chambres. Achour, lui, jouait au ballon avec les garçons du quartier. Les journées passèrent ainsi.

 

 

 

                           

 

                          

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

                           

 

 

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