OUARDIA suite
Comme il travaillait la nuit, elle le trouva à
la maison. Il
n’était pas seul. Denise venait de rentrer et servait justement le café non seulement à son compagnon mais aussi à un visiteur qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Il était de taille moyenne, blanc de peau. Il parlait le kabyle et Ouardia en conclut qu’il venait juste d’arriver du bled. Elle embrassa ses hôtes puis salua l’étranger dans sa langue. Celui-ci se leva légèrement et lui serra
la main. Ouardia
remarqua alors qu’il avait une calvitie débutante au dessus d’un front large. Il lui sourit et ses yeux se plissèrent presque à disparaître derrière les paupières. Ouardia pensa qu’il avait un certain charme. Lounès fit les présentations puis Ouardia suivit Denise dans
la cuisine. Elles
prirent le café entre femmes. Ouardia avait remarqué auparavant le regard intéressé du visiteur glisser sur sa personne.
La jeune fille quitta l’appartement de son oncle avant l’étranger et rentra à la maison à la tombée de
la nuit. Son
père était sur le point de partir à l’usine. Au regard interrogateur de ses parents, elle répondit qu’elle avait rendu visite à son oncle. Sur ce, Hassen s’en alla au travail.
Aichouche qui pouponnait Farid, le petit garçon qu’elle avait mis au monde en mars, ne cacha pas son mécontentement et gronda sa fille. Elle lui fit une véritable scène et Ouardia en fut excédée. Le bébé se mit à hurler ainsi que Nouara et Achour du haut de ses 14 ans se mêla à
la dispute. Cela
n’arrangea pas les choses et Ouardia se sachant vaincue, rejoignit sa chambre où elle s’enferma en pleurant. Plus tard, Baya qui voulait dormir tambourina à
la porte. Les
deux sœurs s’endormirent sans un mot.
Le lendemain matin, Ouardia enjamba Baya qui ronflait puis descendit dans
la cuisine. Il
était très tôt et elle trouva Hassen qui se préparait une tasse de café. Il regarda sa fille, l'air étonné de la voir debout de si bonne heure. Mais elle évita son regard et se dirigea vers la salle de bain après l’avoir salué. Quand elle revint, Hassen lui avait mis sur la table un bol de café au lait fumant qu’elle avala avec des tartines beurrées. Elle apprécia ce moment de complicité avec son père. Ces instants étaient très rares et ils en profitaient pour parler de tout et de rien. Il leur arrivait même de rire franchement. Il lui demanda comment s’était passée la visite chez son oncle et Ouardia parla de l’étranger qu’elle y avait vu. Hassen ne semblait pas le connaître malgré le portrait détaillé que lui en fit Ouardia . Ils cessèrent d’en parler car Aichouche venait d’ouvrir la porte du couloir. Ouardia se leva pour faire bouillir le lait pour tout le monde et prépara le petit-déjeuner de sa mère. Le silence s’était installé dans
la cuisine. Hassen
se leva alors pour aller dormir. Il laissa la mère et la fille seules.
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