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Mardi 15 Juillet 2008

 

 OUARDIA suite

 

 

 

 

                  Il les observa attentivement. Ils faisaient de grands gestes désordonnés chacun leur tour. Puis ils partaient d’un grand éclat de rire et reprenaient un air sérieux. Enfin, ils revinrent bras dessus bras dessous vers Hassen qui ne les quitta pas des yeux. Ahmed les regardait d’un air anxieux comme si son destin était en jeu. Mais il vit le visage de Lounès, souriant d’un air bon enfant et il se détendit. Lounès prit Hassen à part et ils partirent dans une conversation agitée. Hassen se dirigea vers Ouardia qui regardait les négociations d’un air inquiet. Il l’entraina vers la maison et là, il lui fit part de la demande en mariage d’Ahmed. La jeune fille s’était bien doutée qu’elle était l’objet de ces conciliabules et garda d’abord le silence. Elle regardait tour à tour son père et le jeune homme qui était en grande conversation avec son oncle Lounès dans le jardin. Puis elle regarda fixement son père et lui rappela qu’il avait donné sa promesse à Said. Hassen avait anticipé la remarque de sa fille et lui donna la seule réponse qu’il pouvait lui donner : ce prétendant n’ayant pas de logement, il pouvait à tout moment refuser de lui donner sa fille et justement c’était le moment. Comme il n’y avait pas eu de mariage religieux, Hassen pensa que sa fille était libre d’accepter si elle le voulait, ce nouveau prétendant. Ouardia tourna les yeux une dernière fois vers son soupirant puis tout de go dit à son père qu’elle acceptait la proposition. Hassen s’assura qu’elle le voulait vraiment et devant la détermination de sa fille, alla annoncer la bonne nouvelle à Ahmed qui l’embrassa avec ardeur. Il serra la main de Lounès et embrassa aussi Aichouche. Aini qui venait de comprendre partit d’un youyou qui avait peine à sortir du vieux gosier ce qui provoqua l’hilarité générale. Seule dans la maison, Ouardia, les larmes aux yeux, regardait son destin se mettre en marche.

                Les préparatifs ne durèrent que peu de temps. La semaine qui suivit la demande en mariage, Ahmed amena deux témoins et un vieil homme connu dans le coin pour son savoir en matière de religion. C’était un homme grand et sec, à la barbe et aux cheveux blancs. Il avait l’air d’un patriarche comme ceux que l’on voyait sur les icônes sacrées. Il devait bien avoir 70 ans derrière lui. Il avait un air bienveillant qui rassura Ouardia quand il lui adressa la parole pour lui demander son avis. Il lut posément deux versets du Coran dont la « Fatiha » qui scellait religieusement l’union des deux fiancés. Aichouche qui avait préparé un déjeuner, poussa un youyou strident puis demanda à Hassen de faire asseoir ses invités autour de la table qui était servie. Avant de partir, le cheikh fit venir Ouardia, demanda aux deux époux leur consentement une dernière fois. Il félicita ensuite les parents Puis Ahmed offrit une bague à sa fiancée. Il ajouta une liasse de billets de banque qu’il plia au creux de sa main. Il embrassa Hassen sur la tête ainsi que Aichouche et prit congé, le visage cramoisi jusqu’aux oreilles. Les autres le suivirent et la maison redevint silencieuse. Même les enfants, on ne les entendait pas. Ouardia donna l’argent à sa mère car c’est elle qui se chargerait des achats de la jeune fille. Baya, elle, n’était intéressée que par la bague.                                                                                                                                                                                           On     La date du mariage fut fixée au mois de décembre, la première semaine. Ahmed n’ayant pas sa famille avec lui, tout se passa chez Aichouche. Elle avait invité une seule famille qui habitait le quartier. Elle venait de Tlemcen et était composée du père Miloud, de la mère Zahia et de deux filles en bas âge, au demeurant de véritables teignes de l’avis de Aichouche. La fête se déroula agréablement malgré le froid piquant et Ahmed emmena enfin sa femme dans l’appartement qu’il occupait rue Dombasle. Comme il faisait nuit, Ouardia ne vit rien de l’état des lieux mais le matin, ces mêmes lieux apparurent dans toute leur horreur.

          

 

 

 

publié par reac dans: reac

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